lundi 15 janvier 2018

Hassan Nasrallah : la Résistance est capable de libérer la Palestine

Interview du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, par la chaine libanaise Al-Mayadeen, le 3 janvier 2018



Vidéo à venir

Transcription :

[…] Journaliste : Eminent Sayed, afin qu’on ne dise pas directement après cette interview (comme c’est souvent le cas) que tu exagères dans tes propos (et qu’on se demande) comment (le Hezbollah) pourrait être victorieux dans cette guerre (à venir contre Israël) alors qu’il y a (en face) des Etats puissants, l’OTAN, la possibilité d’une guerre mondiale, et tu affirmes cependant que vous allez entrer (en Palestine occupée) au-delà de la Galilée durant la prochaine guerre si elle se produit. Peut-on imaginer raisonnablement que des combattants du Hezbollah vont envahir la Galilée et au-delà ?

Hassan Nasrallah : Si une grande guerre se produit... Maintenant, la question de la Galilée est distincte, c’est une question dont on a parlé par le passé, et nous avons toujours clairement dit que la position de base (annoncée) aux combattants de la Résistance est : « Soyez prêts pour le jour où les dirigeants de la Résistance pourront vous demander d’entrer en Galilée ou de libérer la Galilée ». Pour ce qui est d’aller au-delà de la Galilée, cela est lié à l’idée générale dont on est en train de parler. Si une grande guerre se produit dans la région, tout peut arriver.

Journaliste : Pourquoi as-tu la certitude d’être victorieux, Eminent Sayed ? Pourquoi cette certitude ?  Vient-elle de Dieu, (du monde) Invisible ? Ou bien y a-t-il de véritables données de terrain ?

Hassan Nasrallah : En ce qui concerne Dieu et l’Invisible, la question de la confiance en Dieu le Très-Haut et l’Exalté et en Sa Promesse, cela a évidemment une place fondamentale. Mais Dieu le Très-Haut, même lorsqu’il a assuré (les croyants) de Son aide et de Son soutien, a posé des conditions (matérielles) : « Préparez contre (vos ennemis) tout ce que  vous pouvez comme forces. » (Coran, 8:60) Et Il a dit : « Si vous assistez (la cause de)  Dieu, Il vous soutiendra. » (Coran, 47:7) La deuxième partie (nos propres efforts sur le terrain) est fondamentale.

Notre lecture de l’ennemi israélien à travers toutes les expériences et toutes les guerres est différente. Cet ennemi n’a pas de force en lui-même. Et il est possible de lui infliger une défaite. C’est le premier point. Ce débat était ancien mais nous y avons mis fin. Personne ne peut remettre en cause les réalisations de la Résistance au Liban et en Palestine. L’une des plus grandes réalisations de la Résistance sur les plans militaire, moral, culturel, psychologique et politique, c’est d’avoir brisé le mythe de l’armée israélienne invincible. (Nous avons démontré que) cette armée peut être vaincue.

Et je vais encore plus loin. Ceux qui sont capables d’infliger une défaite à Daech et aux forces takfiries en Syrie et en Irak sont bien plus capables d’infliger une défaite à l’armée israélienne.

Journaliste : Daech est plus difficile (à vaincre) que l’armée israélienne ?

Hassan Nasrallah : Bien sûr, cela ne fait aucun doute. L’armée israélienne n’a qu’un point fort, c’est son aviation. Mais la (seule) force aérienne ne permet pas de gagner la bataille. Si puissante soit-elle, la force aérienne ne permet pas de gagner la bataille.

Journaliste : Et cette force aérienne va s’affaiblir dans le futur (du fait d’une éventuelle capacité anti-aérienne du Hezbollah).

Hassan Nasrallah : Il faut qu’elle s’affaiblisse ! Le combat avec les forces takfiries est infiniment plus difficile que le combat (contre Israël). Tu vois, il y a une différence énorme entre le soldat et l’officier israélien et les combattants de ces forces (takfiries). Je ne suis pas en train d’exagérer la force (des takfiris), non. Mais je me dois d’être honnête.

Lorsque tu prends part à une bataille dans laquelle des centaines de kamikazes te font face. Je ne les considère pas comme des martyrs. Des centaines de kamikazes sur un véhicule contenant une ou deux tonnes d’explosifs, et qui s’attaquent à ta brigade, à ton bataillon ou à tes positions. Ils sont prêts à la mort, sans aucune limite. Indépendamment des raisons qui les y ont amenés (endoctrinement, drogue...). (Des forces, dont le Hezbollah, ont combattu) sur ce front très dangereux, durant  7 ans en Syrie, 3 ans et quelques en Irak, sont parvenues à infliger une défaite à Daech, et je t’affirme qu’il aurait été possible de les vaincre plus rapidement sans le soutien et la protection de Daech par les Américains. Cela doit être signalé.

Cette armée israélienne, Professeur Sami, ses soldats, rien que pour avancer, comme nous les avons vus en 2006, ainsi que dans la dernière bataille à Gaza (en 2014) à Shuja’iya, nous avons vu comment combattaient les troupes d’élite israéliennes : pour avancer, les soldats et officiers doivent être précédés de blindés, suivis d’ambulances de guerre, n’est-ce pas, des ambulances, et au-dessus d’eux, il doit y avoir des hélicoptères et la force aérienne. Sans tout ça, ils ne font pas un pas en avant.

Un tel soldat est vaincu (d’avance), c’est un lâche qui n’a aucune volonté de combattre, malgré tous les matériels et capacités fournis. Nous avons vu cela au Liban, à Gaza, et c’est cette réalité qui est présente à l’intérieur de la Palestine occupée. Aujourd’hui, nous sommes face à une armée israélienne qui sort de plusieurs défaites, et qui depuis 2006 ne fait que s’équiper, s’entrainer, faire des manœuvres, encore et encore...

Journaliste : Mais vous aussi.

Hassan Nasrallah : On ne dit pas le contraire. Mais eux, ils n’ont pas réglé leur problème. Car leur problème ne réside pas dans les tanks, les avions et les armes. Leur problème, c’est les hommes. L’équation fondamentale introduite par la Résistance, et dans laquelle l’Axe de  la Résistance a la main haute aujourd’hui, dans cette bataille, c’est l’équation de l’homme. Je fais partie des gens qui, assis à une table, affirment que 1 + 1 + 1 = 3, parce que le résultat est bien 3, je me base sur des données de terrain (incontestables).

Aujourd’hui, par exemple, l’un des points forts les plus importants, il faut que les gens le sachent, l’un de nos principaux points forts dans la grande bataille (qui se prépare) contre les sionistes, c’est qu’actuellement, il y a des centaines de milliers de combattants qui sont fin prêts à mener cette bataille sans aucune limite.

Journaliste : En abattant des avions ?

Hassan Nasrallah : Tu n’arrêtes pas de m’interroger sur (notre capacité à) abattre des avions.

Journaliste : Mais c’est l’équation...

Hassan Nasrallah : (Il y a des centaines de milliers) d’aspirants au martyre (prêts à combattre Israël). Tu vois, par le passé – quand on s’est réunis avec les différents mouvements de Résistance, on a évoqué le passé –, un jeune yéménite venait rejoindre  telle faction palestinienne, ou un jeune tunisien, algérien, égyptien.

Aujourd’hui, on ne parle plus de (quelques) jeunes venant d’ici ou de là. Nous parlons de forces véritables, de  formations militaires et djihadistes, qui ont combattu sur différents terrains, qui ont pris part aux batailles les plus difficiles, qui n’ont pas peur, qui sont extrêmement aguerris, qui ont confiance en Dieu et en eux-mêmes. Aujourd’hui, ils sont présents dans l’Axe de la Résistance.

Journaliste : Très bien. Tout ce que tu dis est très prometteur. Mais on pourra te rétorquer, Eminent Sayed, que tu affirmes pompeusement que vous allez vaincre Israël, l’envahir et traverser les frontières, mais Israël vous bombarde en Syrie, et vous ne faites absolument rien  en retour, vous n’avez pas riposté. Quelle en est la raison ?

Hassan Nasrallah : C’est dans l’intérêt de la préparation à la grande guerre.

Journaliste : C’est-à-dire ?

Hassan Nasrallah : Premièrement, au point où en sont les choses, on veille tous à ne pas être entrainé vers une escalade dans tel ou tel endroit, sauf s’il n’a pas le choix. En Syrie, Israël frappe certaines choses. Parfois ils réussissent, parfois ils échouent, ils ne réussissent pas à chaque fois. C’est une question de détail sur laquelle je ne m’arrêterai pas.

Mais ils n’ont pas réussi ni ne réussiront à empêcher – Israël le sait, je ne révèle pas là un secret – que les capacités, les moyens et la préparation de la Résistance au Liban augmentent. C’est une chose qu’on prend en patience, jusqu’à nouvel ordre, je ne dis pas qu’on le tolèrera indéfiniment. (On patiente) jusqu’à nouvel ordre, dans l’intérêt du grand objectif stratégique (vaincre Daech et préparer la grande guerre contre Israël). Et c’est cela que j’ai appelé  les règles d’engagement.

Journaliste : Très bien. Tu m’as averti que tu n’entreras pas dans les détails, mais permets-moi une question. Tout le bombardement israélien sur des positions, entrepôts ou usines d’armes ou de missiles du Hezbollah n’a pas empêché que les armes parviennent au Hezbollah ? C’est ce que tu veux dire ?

Hassan Nasrallah : Ils ne l’ont pas empêché et ne l’empêcheront pas. Et ils le savent très bien. Je ne te révèle pas là un secret, même si c’est peut-être la première fois que je le dis devant les médias. Mais les Israéliens eux-mêmes le savent.

Journaliste : Il y a également un dernier front (que je souhaite évoquer) avec ta permission avant qu’on aborde la question syrienne, Eminent Sayed, et c’est le front du sud de la Syrie. Beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, et ont beaucoup inquiété les Israéliens, à savoir que le Hezbollah et l’Iran, naturellement avec l’aide et le soutien de l’armée syrienne qui a aussi combattu durant 7 ans, se préparent à une Résistance près de la frontière, depuis le Golan jusqu’à toute la longueur de la frontière sud. Est-ce que c’est vrai ? Y a-t-il une nouvelle Résistance contre Israël à la frontière syro-palestinienne ?

Hassan Nasrallah : Tu vois, c’est encore une chose dont il vaut mieux ne pas (trop) parler. En fin de compte...

Journaliste : C’est une interview muette (sans aucune révélation), Eminent Sayed.

Hassan Nasrallah : C’est parce que tu insistes sur les questions difficiles (secrètes). L’ennemi a tout à fait raison de s’inquiéter, je lui dis qu’il a raison de s’inquiéter. Car en fin de compte, ce qui s’est passé dans le sud syrien, c’est une expérience majeure qui est maintenant une possibilité pour les jeunes syriens et l’armée syrienne. L’armée en tant qu’armée nationale, et les jeunes syriens. Car tu sais qu’en Syrie, il n’y a pas que l’armée qui combat. Ceux que les médias syriens désignent comme les forces alliées, ce sont des formations populaires syriennes composées de jeunes gens des villages, des villes et des régions, chacun dans sa région, les jeunes d’Alep à Alep, ceux de Deraa à Deraa, ceux de Hama à Hama, ceux de Homs à Homs, etc., ceux de Soueïda à Soueïda, etc., ils ont combattu dans leurs provinces. Ces jeunes ont acquis une expérience grande et précieuse, surtout sur le front sud. Car la nature du combat sur le front sud avait tantôt une forme classique, tantôt  une forme de guérilla, des deux côtés. Concrètement, cela a créé une structure humaine, au niveau du mode de pensée, de l’expérience, de la préparation, qui peut être réunie en 24 heures. Il n’est pas nécessaire qu’une formation effective (permanente) existe.

Notre présence même dans le sud syrien, pour des raisons liées à la nature de la bataille en cours en Syrie, partout où nous nous trouvons, il est naturel qu’Israël soit inquiet, car il y a une opposition viscérale entre nous et les Israéliens. C’est pour cela que les Israéliens sont inquiets, au sujet de tout ce qui peut se passer au sud de la Syrie, et ils œuvrent, ils font pression, ils essaient de profiter des pressions américaines, ils essaient de parler avec la Russie, ils essaient de menacer, d’effrayer, ils poussent des cris, pour qu’il n’y ait aucune Résistance et aucun Résistant dans le sud syrien. Mais jusqu’à présent, ils n’y sont pas parvenus.

Journaliste : Cela s’est produit, il y a donc une présence de la Résistance, d’après ce que je comprends de tes propos, il y a des cellules résistantes prêtes à toute guerre prochaine contre Israël.

Hassan Nasrallah : La Résistance est présente dans le sud syrien, et quoi qu’il en soit, c’est une chose normale sur le plan défensif, et la Syrie a le droit que cette Résistance soit présente à son service, s’il y a des attaques contre elle, et elle a également le droit, n’importe quand, de prendre la décision de recourir à la Résistance populaire pour libérer le Golan (de l’occupation israélienne).

Et si tu te souviens bien, dans les dernières années qui ont précédé les événements en Syrie, le Président Bachar al-Assad y a fait référence de manière claire et explicite, déclarant qu’ils finiraient peut-être par opter pour ce choix. Et c’est un choix logique et naturel, que redoute fortement Israël. Israël a très peur de ça.

Journaliste : La Résistance populaire dont parlait le Président Bachar al-Assad était syrienne.

Hassan Nasrallah : Oui.

Journaliste : Mais actuellement, d’après ce que je comprends  de Ton Eminence, il y a une Résistance populaire syrienne et non syrienne sur le front sud.

Hassan Nasrallah : Oui. […]

dimanche 14 janvier 2018

Hassan Nasrallah Calls for an Electronic Intifada to defend Al-Quds (Jerusalem)

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on December 7, 2017, following Donald Trump's decision to recognize Al-Quds (Jerusalem) as the capital of Israel 

Translation: http://sayed7asan.blogspot.fr


See also: Kafka 2.0: How Youtube’s Political Censorship is Exercised








Transcript:

[...] Regarding our position (against Trump's decision about Al-Quds / Jerusalem), I wish to express some (recommended actions) that I will categorize into two parts. 

The first part concerns the protest against this decision. (On the one hand), any form of protest, condemnation, denunciation, objection, rejection, refusal expressed against this open American aggression and dangerous move, and, on the other hand, any announcement of solidarity, support, expression of the fact that we stand alongside Palestine, the people of Palestine and the cause of Al-Quds (Jerusalem), that it is important for all of us, that it is our responsibility and concerns all of us, are indispensable actions, it is the lesser degree of faith (of struggle imposed on everyone).

Maybe someone will ask what are words good for, but no, it is necessary and indispensable to speak, it is the lesser degree of faith. Let no one devaluate ​​or shrink (the importance of) positions, statements, speeches and all forms of denunciation and protest which I will discuss in a moment. These actions are essential. Of course, more is needed, but if some (countries and factions) do not do more, this responsibility remains nevertheless imposed on each and everyone of us.

samedi 13 janvier 2018

Kafka 2.0: How Youtube’s Political Censorship is Exercised

Five years of archives of resistance to Zionism and imperialism deleted by Google


Someone must have been telling tales about Josef K., for one morning, without having done anything wrong, he was arrested.” Thus begins The Trial, Franz Kafka’s 1925 work, in which Joseph K., ordinary bank employee, is arrested at his home by mysterious agents and notified of legal proceedings against him. He is not informed of the offense or crime of which he would allegedly be guilty – he is only given to understand that he must have broken some unknown law – and is notified of a summons to court a certain day, without knowing the exact time or place. The protagonist is dragged into a completely absurd circle, wavering between inspectors, bailiffs, lawyers and judges, and not knowing at any time for what or against whom he must defend himself. He is finally executed by three distinguished executioners who, with “odious politeness”, plant a butcher’s knife in his heart.

The procedure by which Youtube deletes videos and even the entire content of a channel is comparable to this Gothic novel in more ways than one. As I mentioned in a previous article, my channel Sayed Hasan, which, for more than five years, has subtitled in French and English speeches of Sayed Hassan Nasrallah, Secretary General of Hezbollah, as well as Vladimir Putin, Bashar al-Assad and Sayed Ali Khamenei (in addition to interviews with Norman Finkelstein, content about revolutionary Latin America, etc.), was given two strikes by Youtube in less than one month because of two Hassan Nasrallah speeches, on the pretext of a “violation of the rules concerning violent or graphic content on Youtube”. The total suppression of the channel did not take long, since it occurred on December 20th, 2017, after a third and last strike announcing the guillotine, still because of a Hassan Nasrallah speech published in... 2014 – there is no prescription on Youtube, nor half measure. Thus, 400 videos, more than 6 million views and soon 10,000 subscribers have vanished, at the time of the greatest growth in their history. Youtube strives to hide its censorship behind a pseudo-legalistic procedure, but in fact, as we will see, all creators are under the constant threat of its political blade that drastically restricts tolerated contents.


  Sayed Hasan channel in mid-December 2017

The first strike is dated October 24, 2017, and concerns a February 2015 speech titled “Hassan Nasrallah: ISIS is Israel’s ally and aims Mecca and Medina”. Its complete transcript is available here:
http://sayed7asan.blogspot.fr/2018/01/hassan-nasrallah-isis-is-israels-ally.html. As we can see, this speech only denounces the terrorist group ISIS, characterizing it as a danger for Islam, Muslims and all humanity, and recalls its collusion with Israel. It contains absolutely nothing legally reprehensible (call to hatred, murder, etc.). Youtube does not in any way indicate where or how such a video would have violated the “rules regarding violent or graphic content”, probably relying on the acumen of the accused – who finds himself de facto convicted. I have found absolutely nothing wrong with it, even by the strictest standards – unless, of course, any negative mention of Israel is unsustainable for the good souls of the IDF, who are tirelessly and relentlessly striving in this work of cyber-denunciation (their soldiers and mercenaries are more enterprising on the Internet than facing real fighters), and find in Google, Facebook and other giants of the Web a particularly complacent ear. We will come back to this point in more detail.

In good faith, I immediately appealed this decision – shockingly, Youtube does not grant more than 200 characters for this “procedure” (spaces included), but true, it is difficult to be loquacious in the face of an unknown crime – and to date, I have received no response. It is a sort of witchcraft trial, where, in violation of the most elementary principles of law, it is up to the accused to prove his innocence in the face of an unspecified violation, and where the mere fact of being suspected by (or denounced to) the all-powerful “Google” Inquisition entails an automatic conviction, without at any time the grievances being clearly stated, the defense, even muzzled, being heard, a semblance of reasoned judgment being rendered or the pseudo-appeal procedure being taken into account, even formally. “We don’t answer questions like that,” opposes a police officer to Joseph K.’s requests regarding the reason for his indictment. “But in general we don’t proceed with trials we’re not certain to win.”

The second strike came on December 14, and concerns a December 11, 2017 speech entitled “Hassan Nasrallah: We are about to liberate Al-Quds (Jerusalem) and all of Palestine,” which only stayed online half an hour before its suppression. Its transcript is available here: http://sayed7asan.blogspot.fr/2017/12/hassan-nasrallah-we-are-about-to.html. Again, beyond the title of the offense regarding “violent or graphic content”, Youtube has not provided any details to justify its decision. It is true that in this extract, Hassan Nasrallah supports the dismantling of the racist, terrorist and colonialist state of Israel, world champion of human rights abuse and international law violations, and invites Palestinians and all the Resistance Axis to take up arms in defense of Palestine and the holy places of Islam and Christianity (he is joined by the Neturei Karta, an orthodox Jewish group that publicly burns Israeli flags in the heart of Jerusalem, as can be seen on its YouTube channel). And it turns out that the rallying slogan “Death to Israel” is spoken by Hassan Nasrallah and echoed by thousands of protesters participating in an opposition rally to Donald Trump and his decision to recognize Al-Quds (Jerusalem) as the capital of Israel. But beyond the fact that armed resistance to an occupier is perfectly legal according to international law (United Nations Resolution 37/43 of December 3, 1982 reaffirming “the legitimacy of the struggle of peoples for independence, territorial integrity, national unity and liberation from colonial and foreign domination and foreign occupation by all available means, including armed struggle”), the right to information must prevail, because without this, no political speech in a warlike context could be published on Youtube. However, Google does not consider in any way problematic statements much more “violent or graphic” like Donald Trump threatening to “completely destroy” North Korea, the Israeli bragging about bombing Iran and toppling its regime, assassinating Hassan Nasrallah or even General de Gaulle’s June 1940 appeals, or Aimé Césaire’s speeches, which should be banned on Youtube according to a purely literal application of the regulation concerning violent content or call for violence (in these cases, calls to resist against Nazism or colonialism). But obviously, with Kafka, Youtube seems to have also integrated Orwell: “All [contents] are equal but some are more equal than others.” Only videos hostile to imperialism and Zionism are subject to censorship and banishment.

With two strikes in less than a month, the life of my Youtube channel was hanging by a thread: it is true that after 3 months, a warning is removed, but three successive warnings on an account lead to outright removal of the channel and all its content, not just the videos concerned. And it was clear to me that these two unjustified and unprecedented warnings would soon be followed by a third and a complete suppression of my channel. To make a judicial analogy, it is as if a conviction for defamation (which, in any body of law, cannot be held from 3 months to 1 year after the offense, but Google seems to have opted for imprescriptibility) resulted in the removal not only of the passage incriminated (for example, in Zola’s “J’Accuse”, the two incriminated words “by order”, Zola obviously not having the means to prove materially that the second War Wouncil had been forced to acquit Esterhazy by the military hierarchy), but of all the work of the journalist, author – or producer of Youtube content. Without conviction, I conducted the Orwello-Kafkaesque 200-character appeal, protested to Google by email and published an article denouncing this censorship and the announced deletion of my channel. This time, I received a response from Youtube in 12 hours, which showed me, if any doubt still remained, that these procedures are nothing more than a masquerade meant to conceal the totally arbitrariness, or rather political orientation of Google’s censorship: indeed, the answer was in three lines in which Youtube thanked me for having made this appeal procedure, informed me that after a closer examination of the content of my video, they determined that it did not respect the Community rules, and addressed me cordial greetings. Can we conceive of a judgment, let alone an appeal procedure, which dispenses with all argumentation? Google has completely automated the pseudo-legalistic process of deleting content, which is done for the unfortunate victim without any human interlocutor and therefore without any possibility of defense.

vendredi 12 janvier 2018

Norman Finkelstein : Netanyahou est le vrai visage d'Israël



Interview de Norman Finkelstein sur Democracy Now, 10 janvier 2018









Transcription :

[...] Amy Goodman : Je voulais vous poser une question sur Benjamin Netanyahu et sur les enquêtes de corruption auxquelles il est confronté. Bien sûr, Benjamin Netanyahu a récemment parlé de sa relation très proche avec les Kushner, du fait qu’il avait dormi dans la chambre de Jared Kushner lorsqu’il a visité les Etats-Unis, alors qu’il était encore un petit garçon. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait face à une controverse politique interne après qu’une chaîne de télévision israélienne a diffusé un enregistrement audio secret de son fils devant un club de strip-tease en 2015. Dans l’enregistrement, on entend Yair Netanyahu parler de prostituées, exigeant de l’argent au fils d’un magnat du gaz israélien. Yair sous-entend que son père, le Premier ministre Netanyahu, a aidé à faire passer un accord de 20 milliards de dollars au profit de l’homme d’affaires, disant : « Mon père a arrangé 20 milliards de dollars pour le tien et tu chicanes pour 400 shekels [120 dollars] ? », ce au moment où le Premier ministre Netanyahu est confronté à de multiples enquêtes de corruption.

En septembre, Yair Netanyahu a également fait polémique en publiant une caricature antisémite sur Facebook. Des suprématistes blancs, y compris l’ancien dirigeant du Klan David Duke, ont félicité Yair Netanyahu pour avoir posté une image représentant l’investisseur milliardaire George Soros au sommet d’une chaîne alimentaire, faisant miroiter le monde devant un reptile et devant l’ancien Premier ministre Ehud Barak, un critique fréquent de son père, Benjamin Netanyahu. Par la suite, David Duke l’a félicité sur Twitter. C’est une histoire stupéfiante, rapportée par Slate et d'autres médias.

Pouvez-vous nous parler de ce qui se passe actuellement ? Est-ce que les enquêtes de corruption mettent Netanyahu en péril ? Et qu’en est-il de son fils ?

Norman Finkelstein : Eh bien, je vais évoquer le dernier point brièvement et ensuite aller au cœur de la question – ce qui me parait être le cœur des questions que vous posez. La relation entre son fils et Netanyahu, entre Yair [Netanyahu] et son père, Benjamin Netanyahu, est très similaire à celle entre Jared et Donald Trump. Ce sont des individus privilégiés, gâtés-pourris et remarquablement insignifiants.

Mais la question que vous avez posée sur la corruption en général est une question intéressante. Vous n’êtes pas tout à fait aussi âgée que moi, mais vous pouvez remonter assez loin (dans votre mémoire) pour vous souvenir que durant notre jeunesse, Israël était très austère. C’était un endroit simple et relativement « honnête ». C’est cette image d’Israël qui reste dans l’esprit de beaucoup de Juifs américains, disons, âgés de plus de 50 ans. Et donc, à l’époque, si on prend par exemple, dans les années 1970, Yitzhak Rabin, qui était le Premier ministre, il a dû quitter son poste. Il a été contraint de démissionner parce que sa femme avait ouvert un compte bancaire – un simple compte bancaire – aux États-Unis. Et apparemment, il n’y avait même pas d’argent sur ce compte, si ma mémoire est bonne. Mais de nos jours, c’est juste un scandale après un autre scandale après un autre scandale après un autre scandale. Et ce qui est remarquable, c’est que cela n’affecte pas vraiment la position de Benjamin Netanyahu. Malgré une succession de scandales, il est resté au pouvoir pendant une période remarquablement longue.

La question est donc : pourquoi ? Et je pense que la réponse est celle-ci : parce que, que cela plaise ou non, Benjamin Netanyahu est le vrai visage d’Israël. C’est un individu ignoble, une grande gueule, un raciste, un suprématiste juif.  Et c’est maintenant le cas de toute la population. Maintenant, je ne dis pas que c’est dans leur ADN. Je ne dis pas que c’est génétique. Mais l’Etat d’Israël a dégénéré en quelque chose de vraiment navrant. Et c’est…

Amy Goodman : Attendez, ce n’est clairement pas le cas de toute la population. Il y a beaucoup de critiques. Il y a un mouvement de paix.

Norman Finkelstein : Eh bien, non, je dirais... Vous savez, Amy, j’aimerais bien que ce soit le cas. J’aimerais que ce soit le cas. Mais si vous posez la question aux critiques eux-mêmes, si vous posez la question à un Gideon Levy, à une Amira Hass, à...

Amy Goodman : Qui écrivent pour Haaretz.

Norman Finkelstein : Oui. Si vous posez la question à B’Tselem, à...

Amy Goodman : Le groupe de défense des droits de l’homme.

jeudi 11 janvier 2018

Netanyahou à l'ONU : en Antarctique, les pingouins soutiennent Israël avec enthousiasme

Discours de Benyamin Netanyahu le 19 septembre 2017 à l'ONU

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr/





Hassan Nasrallah appelle à une Intifada sur les réseaux sociaux en défense d'Al-Quds (Jérusalem)

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 7 décembre 2017, suite à la décision de Donald Trump de reconnaître Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’Israël 

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr






Transcription :



[…] En ce qui concerne notre position (face à la décision de Trump au sujet d’Al-Quds / Jérusalem), je souhaite énoncer certaines (actions recommandées) que je vais classer en deux parties.

La première partie concerne la protestation contre cette décision. (D’un côté), toute forme de protestation, de condamnation, de dénonciation, d’opposition, de refus, d’annonce de rejet face à cette agression américaine ouverte et à cette mesure dangereuse, et, d’un autre côté, toute annonce de solidarité, de soutien, du fait qu’on se tient aux côtés de la Palestine, du peuple de Palestine et de la cause d’Al-Quds (Jérusalem) qu’elle est importante pour nous tous, est notre responsabilité et nous concerne tous, constituent des actions indispensables, et c’est le moindre degré de foi (de lutte).

Peut-être que quelqu’un demandera à quoi servent les paroles, mais non, il est nécessaire et indispensable de s’exprimer, c’est le moindre degré de foi. Que personne ne dévalorise ou n’amenuise (l’importance) des prises de position, des déclarations, des discours et de toutes les formes de dénonciation et de protestation dont je vais parler dans un instant. Ces actions sont indispensables. Bien sûr, il faut faire davantage, mais si certains ne font pas plus, cette responsabilité qui s’impose à nous tous ne nous en est pas moins imposée.

Toutes les formes de protestation, de condamnation, de rejet, de dénonciation et d’opposition doivent être perçus par l’administration américaine et ressentis par l’entité usurpatrice (d’Israël) à travers l’ensemble du monde arabe et musulman et même dans le monde entier.

Pour donner quelques exemples, aujourd’hui, par exemple, les réseaux sociaux : une personne est posée chez elle, personne ne va lui tirer dessus comme cela se passe maintenant au coeur de la Palestine, personne ne lui créera d’ennuis ni rien du tout. La moindre des choses, l’action la plus modeste pour quiconque est concerné par cette question, pour tout homme libre et digne dans le monde, et pas seulement dans le monde arabo-musulman, et durant les jours et même les semaines à venir, si chaque jour, tous ceux qui sont sur les réseaux sociaux condamnent Trump et ce qu’il a fait, et confirment qu’Al-Quds (Jérusalem) est la capitale éternelle de l’Etat de Palestine, et refusent la judaïsation d’Al-Quds, etc., s’ils expriment cette prise de position, si par exemple des centaines de millions de Tweets sont émis, des centaines de millions de prises de position sur les réseaux sociaux, ce durant des jours et des semaines, cela se reflètera sur l’administration américaine et l’entité sioniste en transformant la joie en amertume, et ils réaliseront qu’ils font face à une opinion publique très grande et très forte. Et qu’aurons-nous fait (pour obtenir ce résultat) ? On ne sera pas descendu sous la neige, on n’aura pas offert nos poitrines aux balles. De manière très simple, en toute simplicité, (par des posts quotidiens sur les réseaux sociaux), et je le dis clairement, c’est le moindre degré de foi, c’est le moindre de nos devoirs : tout homme, toute femme, tout jeune homme et toute jeune fille, dans le monde arabo-musulman et dans le monde entier, chaque jour, doivent simplement prendre position, publier leur position sur les réseaux sociaux. C’est l’une des opportunités que nous offrent aujourd’hui les réseaux sociaux. L’administration de ces réseaux ne parviendra pas à (tous) les supprimer lorsqu’elle en trouvera des centaines de millions, des dizaines de millions pour le moins. C’est quelque chose qu’on peut faire, c’est une des possibilités qui s’offrent à nous. Cette nuit, demain, à chaque heure, c’est une possibilité qui s’offre à nous. Et tout jeune homme et jeune fille, tout homme et toute femme doivent considérer que c’est un devoir impérieux qui s’impose à eux, le moindre des devoirs ces jours-ci envers la Palestine.

Il faut donc publier des déclarations et prises de position dans tout le monde arabo-musulman (et au-delà) : simples particuliers, personnalités, organisations concernées, savants, penseurs, médias, élites, professions libérales, syndicats, écoles, universités, associations, tout ce que nous avons en fait de cadres, partis, mouvements, forces politiques, tout ce que nous avons en fait de cadres et d’organisations sociales, culturelles, médiatiques, politiques, à travers le monde entier et le monde arabo-musulman, doivent publier des déclarations et annoncer leur position. Ils n’ont pas le droit de rester silencieux.

Et personne ne doit se comporter en se disant « Si je m’exprime, ça va changer quoi ? » Si tu es le seul à m’exprimer, peut-être (que ça ne changera rien). Si je suis le seul à m’exprimer, peut-être (que ça ne changera rien). Mais si nous nous exprimons tous, si nous condamnons, dénonçons, refusons et protestons tous, et si nous confirmons tous l’identité culturelle d’Al-Quds (Jérusalem), alors cela aura un poids considérable et très important. Il faut donc publier (massivement) des déclarations et prises de positions.

(Il faut) organiser des rencontres, des réunions, des appels, des conférences, des rassemblements pour exprimer cette position. (Il faut) que des manifestations et des sit-ins soient organisés. Et aujourd’hui le peuple palestinien, depuis hier, a précédé (tout le monde dans les manifestations). Aujourd’hui (même), il y a des confrontations, des blessés. Je ne sais pas s’il y a déjà des martyrs.

Lorsque nous manifestons, que tu manifestes, qu’untel et untel manifestent, dans le monde arabe, dans le monde musulman et également dans les (autres) capitales du monde, au sein des communautés arabes et musulmanes, Trump va regarder la situation ébahi et se dire « Dans quel pétrin, dans quel guêpier, je me suis fourré ? Je vais droit dans le mur ! Ceux qui m’ont dit qu’il n’y aura aucune réaction dans le monde (m’ont trompé). » Qui a dit que ces manifestations, si elles se produisent, et elles se produiront si Dieu le veut dans bien des endroits, ne portent pas de message ? Elles transmettent un très fort message face à cette agression et comportent un message de soutien très fort pour le peuple palestinien qui se tient aujourd’hui sur la première ligne de défense d’Al-Quds (Jérusalem), des lieux saints et de la Palestine. […]